Dernier budget Macron : ce qui arrive sur votre compte en 2027, date par date.
Le dernier budget du quinquennat se débat dans un hémicycle sans majorité, à six mois d'une présidentielle. Les plateaux parlent de milliards. Votre compte, lui, ne lira que des dates : janvier, avril, juin, septembre.
ParBaptiste Kabel· Fondateur de Fintur

En bref : le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, est le dernier budget préparé sous la présidence d'Emmanuel Macron. Au 1er novembre, aucune de ses mesures n'est adoptée définitivement. Mais chacune a déjà une date d'arrivée sur votre compte : janvier pour les pensions, avril pour les allocations familiales, juin pour la fenêtre des donations, l'été et septembre pour l'impôt. Les connaître ne dit pas ce qui sera voté. Ça dit quels mois regarder.
Un budget se vote en milliards, il se vit en dates
Le débat public sur le budget 2027 se raconte en masses : des milliards d'économies, des points de déficit, des votes perdus à l'Assemblée. Rien de tout ça n'apparaîtra sur votre relevé. Ce qui y apparaîtra, c'est une pension qui ne bouge pas en février, une allocation identique en mai, un taux de prélèvement qui change en septembre. Une mesure budgétaire, vue de votre compte, c'est un montant posé à une date.
Le contexte rend cette lecture encore plus utile. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le texte le 1er octobre, sans majorité stable pour le porter. Les deux budgets précédents n'ont été promulgués qu'en février, les 14 février 2025 et 20 février 2026, après une loi spéciale votée en décembre. Et la présidentielle du printemps 2027 pourrait défaire une partie de ce qui sera voté. Le calendrier parlementaire et ce qu'il fige pour janvier est détaillé à part. Ici, on prend l'autre bout : mesure par mesure, quand ça tombe, et sur qui.
Où en est le texte au 1er novembre 2026
Deux textes avancent en parallèle, et il faut les distinguer parce que leur sort diverge. Le projet de loi de finances porte l'impôt. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale porte les pensions et les prestations.
- 15 octobre : les députés votent contre l'abaissement du plafond de l'abattement de 10 % des retraités, par 116 voix contre 30. Ce vote ne tranche rien, seule la version finale de la loi décidera.
- 23 octobre : l'Assemblée rejette la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, par 115 voix contre 1. Les dépenses ne sont donc pas examinées, et le texte part au Sénat dans la version initiale du gouvernement.
- À partir du 9 novembre : examen du budget de la Sécurité sociale au Sénat, qui repart des mesures du gouvernement, gel des prestations compris.
Autrement dit, un rejet à l'Assemblée ne fait pas disparaître une mesure. Il la renvoie au Sénat telle que le gouvernement l'a écrite. C'est pourquoi chaque ligne ci-dessous porte la mention « proposé » : c'est le statut exact de tout le texte à cette date.
Le calendrier de votre compte en 2027
| Quand | Ce qui est proposé | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Janvier | Pensions de retraite au-delà de 1 260 € par mois non revalorisées, base et complémentaire | Retraités |
| Du 1er janvier au 30 juin | Dons d'argent à un enfant ou petit-enfant de moins de 50 ans taxés à 6 %, dans la limite de 100 000 € | Parents et grands-parents qui transmettent |
| 1er avril | Prestations familiales non revalorisées, alors qu'elles le sont chaque année à cette date | Familles allocataires |
| Été | Avis d'impôt calculé avec un barème relevé de 2,1 %, et si la mesure passe, un abattement retraités plafonné à 3 000 € | Tous les foyers imposables |
| Septembre | Nouveau taux de prélèvement à la source, et solde d'impôt éventuel | Tous les foyers imposables |
| 1er septembre | Choix forcé entre l'APL d'un étudiant et son rattachement fiscal au-delà de 30 200 € de revenu fiscal de référence par part | Étudiants et leurs parents |
Janvier : les pensions, première date à surveiller
Les pensions de base sont revalorisées chaque 1er janvier. Le texte du gouvernement prévoit de ne pas revaloriser en 2027 les pensions supérieures à 1 260 € par mois, régime de base et complémentaire. Avec le plafonnement de l'abattement fiscal, l'effort demandé aux retraités atteint 5,5 milliards d'euros.
Pour mesurer ce que ça représente sur un compte, il faut un point de comparaison. Dans son rapport de mai 2026, la Commission des comptes de la Sécurité sociale estimait la revalorisation au 1er janvier 2027 à 1,6 %. Sur une pension de 1 500,00 € par mois, l'écart entre cette revalorisation et un gel vaut 24,00 € par mois, soit 288,00 € sur l'année. Le montant ne renverse pas un budget. Il déplace en revanche la ligne du mois où tout se joue à quelques dizaines d'euros.
La date compte autant que le montant : la pension de janvier est versée début février, et c'est là que l'écart deviendra visible. Les dates de versement des pensions et des aides permettent de placer ce point précis dans le mois.
Avril : les allocations familiales qui ne bougent pas
Les prestations familiales sont revalorisées chaque 1er avril, pour suivre les prix. Le budget de la Sécurité sociale prévoit de ne pas le faire en 2027, pour l'ensemble des prestations familiales. Concrètement, le montant versé au printemps serait celui de l'hiver.
C'est le piège classique des gels : rien ne baisse, donc rien ne se voit. Pendant ce temps, le loyer indexé, l'assurance et l'énergie continuent d'avancer à leur propre date. Un foyer qui projette ses six prochains mois avec une revalorisation d'avril « comme d'habitude » surestime ses entrées. L'hypothèse prudente, c'est le montant actuel, sans hausse.
Janvier à juin : la seule mesure qui a une fenêtre
Une disposition sort du lot, parce qu'elle n'agit pas sur ce que vous recevez mais sur ce que vous pourriez transmettre. Du 1er janvier au 30 juin 2027, un don d'argent en pleine propriété à un enfant ou un petit-enfant de moins de 50 ans serait taxé à 6 %, dans la limite de 100 000 €. Le texte prévoit aussi de relever de 31 865 € à 50 000 € le seuil d'exonération des dons sous condition d'âge.
C'est la seule mesure du budget qui a une date de fin. Elle se décide donc à l'avance, pas au fil de l'eau : un don qui arrive le 1er juillet ne profiterait plus du dispositif. Pour celui qui reçoit, l'enjeu est différent, et il revient au même problème que le reste de cet article : savoir quel mois cet argent arrive, et ce qu'il doit couvrir.
L'été et septembre : l'impôt, dernier à arriver
Le barème de l'impôt sur le revenu serait relevé de 2,1 %, pour suivre l'inflation. Il s'appliquerait aux revenus de 2026, déclarés au printemps 2027 : le seuil de la tranche à 11 % passerait de 11 600 € à 11 844 €, celui de la tranche à 30 % à 30 200 €. À revenu stable, un barème indexé laisse l'impôt à peu près au même niveau. Le geler l'aurait fait monter sans le dire.
Pour les retraités, une mesure joue en sens inverse. L'abattement de 10 % sur les pensions est aujourd'hui plafonné à 4 439 € par foyer. Le gouvernement propose de le ramener à 3 000 €, ce qui concernerait 4,6 millions de foyers et rapporterait 1,4 milliard d'euros. Les députés l'ont rejeté le 15 octobre, mais le vote final reste à venir. Pour un foyer qui perçoit 40 000,00 € de pensions par an, l'abattement passerait de 4 000,00 € à 3 000,00 € : 1 000,00 € de revenu imposable en plus, soit 110,00 € d'impôt supplémentaire à un taux marginal de 11 %.
Ces deux mesures ont la même particularité : elles ne se voient pas en janvier. Elles arrivent sur l'avis d'impôt de l'été, puis dans le solde de septembre et dans le nouveau taux de prélèvement appliqué à partir de ce mois-là. Le solde d'impôt de septembre est précisément la ligne que personne ne met dans son budget.
Septembre : l'APL étudiante ou le rattachement
À partir du 1er septembre 2027, le texte empêcherait de cumuler l'APL d'un étudiant et son rattachement au foyer fiscal de ses parents, quand le foyer dépasse 30 200 € de revenu fiscal de référence par part. Il faudrait choisir : l'aide au logement versée à l'étudiant, ou la demi-part fiscale gardée par les parents.
La mesure se décide bien avant la rentrée, sur la déclaration de revenus du printemps. Le calcul entre rattachement et pension alimentaire montre que la bonne réponse change selon le revenu des parents, et qu'elle se chiffre en centaines d'euros.
Ce qui pourrait arriver de bon
Le texte ne fait pas que geler. Il élargit le prêt à taux zéro aux ménages qui attendent un enfant ou qui ont un enfant de moins de trois ans, sous conditions de ressources, y compris ceux qui en ont déjà bénéficié. Il supprime aussi le plafond annuel de dépense du dispositif, fixé à 2,1 milliards d'euros depuis 2016. Pour un couple qui prépare un achat avec un enfant en route, la question devient acheter maintenant ou attendre le PTZ parentalité, et la réponse dépend de droits que vous avez peut-être déjà.
Comme le reste, ce n'est pas acquis. Une mesure favorable non votée ne s'escompte pas davantage qu'une mesure défavorable : on ne signe pas un compromis de vente sur la foi d'un amendement.
Comment prévoir avec un budget qui n'est pas voté
- 1Repérer les lignes qui vous concernentPension, allocations familiales, impôt, étudiant à charge, projet immobilier. La plupart des foyers ne sont touchés que par deux ou trois lignes du tableau. Les autres ne méritent pas une minute d'inquiétude.
- 2Poser chaque ligne à sa dateUne revalorisation ne se lisse pas sur l'année, elle tombe un jour précis. La pension de janvier arrive début février, les allocations d'avril au printemps, le solde d'impôt en septembre.
- 3Retenir l'hypothèse défavorablePension sans revalorisation, allocations au montant actuel, abattement plafonné. Si le texte final est plus doux, la marge apparaît d'elle-même. L'inverse ne se rattrape pas.
- 4Mettre à jour après chaque voteLe vote solennel à l'Assemblée, le passage au Sénat, la promulgation. Trois dates, trois occasions de remplacer une hypothèse par un chiffre.
Le simulateur ci-dessous permet de comparer deux versions de la même année, avec et sans les mesures qui vous concernent. L'écart entre les deux courbes mesure ce que le débat parlementaire change réellement pour vous. Il est souvent plus petit que le bruit qui l'entoure, et presque toujours concentré sur un ou deux mois.
3 400,00 €
Point bas : 250,00 € en janv. 27.
- nov. 261 550,00 €
- avr. 271 300,00 €
- oct. 273 400,00 €
Simulez une décision
C'est là que se situe la vraie question de ce budget. Pas « combien », que personne ne connaît encore, mais « quel mois », qu'on peut déjà lire. Un budget de l'État se vote en novembre. Il se lit en février, en mai et en septembre, sur un relevé de compte.
Questions fréquentes
Le budget 2027 est-il voté ?
Non. Au 1er novembre 2026, ni le projet de loi de finances ni le projet de loi de financement de la Sécurité sociale ne sont adoptés. L'Assemblée a rejeté le 23 octobre la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, qui part au Sénat dans la version du gouvernement. Les deux budgets précédents ont été promulgués en février, après une loi spéciale votée en décembre.
Les retraites vont-elles augmenter en janvier 2027 ?
Le texte du gouvernement prévoit de ne pas revaloriser les pensions supérieures à 1 260 € par mois en 2027. La Commission des comptes de la Sécurité sociale estimait en mai la revalorisation à 1,6 %. Le taux appliqué dépendra du texte final, et sa trace apparaîtra sur la pension de janvier, versée début février.
Les allocations familiales vont-elles être gelées ?
C'est ce que propose le budget de la Sécurité sociale pour 2027 : aucune revalorisation de l'ensemble des prestations familiales au 1er avril. La mesure n'est pas adoptée au 1er novembre 2026, et le Sénat doit l'examiner à partir du 9 novembre.
Mon impôt va-t-il augmenter en 2027 ?
Le barème serait relevé de 2,1 %, ce qui maintient à peu près l'impôt d'un foyer dont le revenu suit l'inflation. Les retraités dont l'abattement de 10 % dépasse 3 000 € paieraient davantage si le plafonnement est voté. L'effet apparaîtrait sur l'avis d'impôt de l'été 2027, puis sur le prélèvement à partir de septembre.
Faut-il anticiper une donation avant le 30 juin 2027 ?
Le texte prévoit une taxation à 6 % des dons d'argent à un enfant ou petit-enfant de moins de 50 ans, du 1er janvier au 30 juin 2027, dans la limite de 100 000 €. La mesure n'est pas votée. Une décision patrimoniale de cette taille se prend avec un notaire, une fois le texte définitif publié.
Que se passe-t-il si le budget n'est pas adopté avant le 1er janvier ?
Une loi spéciale autorise l'État à continuer de percevoir les impôts existants, et les règles de 2026 restent appliquées jusqu'à la promulgation. C'est ce qui s'est produit fin 2024 et fin 2025. Les mesures votées ensuite s'appliquent avec retard, parfois pour l'année entière.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil fiscal ou patrimonial. Il décrit les mesures proposées par le gouvernement et leur statut au 1er novembre 2026. Le contenu final des lois de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2027 peut s'en écarter, et l'article sera mis à jour après les votes.
Pour aller plus loin
Sources
Rédigé par Baptiste Kabel · Fondateur de Fintur



plus clair. Les essentiels restent, le reste, c'est vous qui décidez.