Budget 2027 : votre mois de janvier est déjà écrit, le reste non.
Le projet de loi de finances arrive à l'Assemblée le 30 septembre, en pleine campagne présidentielle, avec des mesures que le gouvernement annonce lui-même comme largement réversibles. Deux années de suite, le budget n'a été promulgué qu'en février. Janvier, lui, tombe avant.
ParBaptiste Kabel· Fondateur de Fintur

En bref : le projet de loi de finances pour 2027 est déposé à l'Assemblée le 30 septembre 2026, pour un vote solennel visé le 17 novembre. Les deux budgets précédents ont été promulgués les 14 février 2025 et 20 février 2026, chacun précédé d'une loi spéciale votée en décembre pour continuer à percevoir l'impôt. Autrement dit, le mois de janvier se joue sous les règles de l'année d'avant. Et le taux prélevé sur votre paie de janvier 2027 est fixé depuis le 1er septembre 2026.
Le budget n'arrive plus en décembre
L'usage républicain veut qu'une loi de finances soit promulguée avant le 31 décembre, pour entrer en vigueur avec l'année qu'elle finance. Ça ne s'est pas produit depuis deux ans. Fin décembre 2025, faute de budget votable avant le 1er janvier, une loi spéciale a été présentée en conseil des ministres le 22 décembre, adoptée par les deux chambres le 23 et publiée au Journal officiel le 26. Son article premier tient en une phrase : le gouvernement est autorisé à continuer de percevoir les impôts existants.
La loi de finances pour 2026 est arrivée ensuite, adoptée le 2 février par 49.3 et promulguée le 20 février. Le barème de l'impôt sur le revenu y a finalement été revalorisé de 0,9 %, après un projet initial qui le gelait et un vote intermédiaire à 1,1 %. L'année précédente, même mécanique : loi spéciale en décembre 2024, loi de finances pour 2025 promulguée le 14 février.
Pour un particulier, ce retard n'a rien d'abstrait. Il signifie que pendant six à sept semaines, l'impôt a été prélevé selon les paramètres de l'année précédente, et que les mesures votées en février ont ensuite rattrapé leur retard, avec effet sur l'année entière. Votre feuille de paie de janvier, elle, était déjà partie.
Le calendrier de cet automne, date par date
Sébastien Lecornu prévoit de déposer le projet de loi de finances pour 2027 devant l'Assemblée nationale le 30 septembre, avec une échéance légale au 6 octobre. La suite est cadrée par la Constitution, qui laisse quarante jours à l'Assemblée en première lecture à compter du 12 octobre.
| Date | Étape |
|---|---|
| 30 septembre 2026 | Dépôt du projet à l'Assemblée nationale |
| 12 au 19 octobre | Discussion de la première partie, celle des recettes et de l'équilibre |
| 20 octobre | Vote de la première partie |
| 20 au 26 octobre | Débat parallèle sur le financement de la Sécurité sociale |
| 27 octobre au 16 novembre | Examen de la seconde partie, les dépenses ministère par ministère |
| 17 novembre | Vote solennel sur l'ensemble du texte |
| Puis 20 jours | Examen au Sénat après transmission |
Deux éléments changent la lecture de ce calendrier par rapport à un automne ordinaire. Le premier, c'est l'absence de majorité stable, qui a déjà produit deux lois spéciales de suite. Le second est plus inhabituel : le Premier ministre décrit lui-même un budget « de premier semestre », dont beaucoup de mesures seraient réversibles par la majorité issue de la présidentielle. Un texte peut donc être voté en novembre, appliqué en janvier, et défait au printemps.
Ce que le vote ne changera pas pour votre mois de janvier
Le prélèvement à la source ne suit pas l'année civile. Le taux appliqué sur votre paie depuis le 1er septembre 2026 court jusqu'en août 2027, et il a été calculé sur vos revenus de 2025, déclarés au printemps 2026. L'administration l'a transmis directement à votre employeur, votre caisse de retraite ou France Travail.
Cette fenêtre décalée est la meilleure nouvelle de l'automne pour qui veut prévoir. Le montant retenu sur votre salaire en janvier, février, mars n'attend aucun vote : il est déjà connu, il figure sur votre feuille de paie de septembre, et vous pouvez le reporter tel quel dans une projection sur six mois. Ce que le budget peut changer, c'est l'impôt final, régularisé à l'été 2027. Pas l'avance mensuelle.
Le reste de votre mois échappe encore plus au débat parlementaire. Loyer, mensualité de crédit, assurances, énergie, abonnements : ces montants et ces dates sont fixés par des contrats privés, pas par une loi de finances. Sur un mois type, ils pèsent bien plus lourd que la mesure fiscale qui occupe les plateaux. C'est exactement la matière d'une prévision de trésorerie, et elle est disponible aujourd'hui.
Ce qui reste suspendu, et combien ça pèse
Reste la part réellement ouverte. Elle est plus étroite qu'on ne le croit en lisant les titres, mais elle existe, et elle se concentre sur les revenus versés par la puissance publique. L'hiver dernier en a donné un exemple : prévue pour disparaître chez les foyers sans enfant, la prime de Noël a finalement été maintenue pour tous le 28 janvier 2026.
Les pensions de retraite de base d'abord. La Commission des comptes de la Sécurité sociale, dans son rapport rendu public le 29 mai 2026, retient une indexation de 1,6 % au 1er janvier 2027, calculée sur l'évolution des prix relevée par l'Insee entre novembre 2025 et octobre 2026. Ce chiffre n'est pas une décision : le taux définitif est arrêté par le gouvernement en fin d'année, et une sous indexation figure parmi les pistes du prochain budget de la Sécurité sociale. La complémentaire des salariés du privé suit un autre calendrier, décidé par les partenaires sociaux : sa revalorisation au 1er novembre se vote en octobre.
Regardez ce que ça représente. Sur une pension de base de 1 500 € par mois, l'écart entre un gel pur et une revalorisation de 1,6 % vaut 24 € par mois, soit 288 € sur l'année. Le montant ne bouleverse pas un mois. Il déplace en revanche la limite d'un budget déjà tendu, et surtout il reste inconnu jusqu'à la toute fin décembre, au moment précis où on aimerait poser ses chiffres pour l'année.
| Ligne de votre mois de janvier | Statut au 7 septembre 2026 |
|---|---|
| Taux de prélèvement à la source | Fixé depuis le 1er septembre, valable jusqu'en août 2027 |
| Loyer, mensualités, assurances, abonnements | Contractuels, hors du champ d'une loi de finances |
| Barème de l'impôt sur le revenu | Celui de 2026 s'applique tant qu'aucun texte nouveau n'est promulgué |
| Revalorisation des pensions de base | Estimée à 1,6 %, arrêtée par le gouvernement en fin d'année |
| Indexation des prestations sociales | En discussion dans le budget de la Sécurité sociale |
| Plafond des indemnités journalières maladie | Abaissement à 1,8 Smic annoncé pour le 1er novembre 2026 |
Un mot sur la méthode de lecture, parce que l'automne va être bruyant. Une piste évoquée dans la presse n'est pas un amendement, un amendement adopté en commission n'est pas un texte voté, et un texte voté à l'Assemblée peut être défait au Sénat. Entre le 30 septembre et le 17 novembre, la plupart des chiffres qui circuleront seront à ce stade là. Les mettre dans une prévision revient à prévoir une rumeur.
Le texte présenté le 1er octobre contient pourtant une mesure dont l'horizon dépasse largement janvier. Son article 78 empêcherait, à partir du 1er septembre 2027, de cumuler l'APL d'un étudiant et son rattachement fiscal quand le foyer dépasse 30 200 € de revenu fiscal de référence par part. Elle ne pèse rien sur l'hiver, mais elle se décide sur la déclaration du printemps 2027, comme le montre le calcul APL ou rattachement.
Prévoir six mois avec un paramètre qu'on ne connaît pas
L'erreur courante, face à une inconnue, consiste à attendre qu'elle se lève. Sauf qu'ici elle se lèvera fin décembre au mieux, et qu'un budget se prépare avant. La bonne manœuvre n'est pas d'attendre, elle est de séparer proprement le connu de l'ouvert.
- 1Poser d'abord les six mois certainsSalaire net, taux de prélèvement de septembre, loyer, mensualités, assurances, abonnements. Sur un mois ordinaire, ces lignes représentent l'essentiel du volume, et aucune ne dépend du vote de novembre.
- 2Retenir l'hypothèse basse pour l'ouvertPour une pension ou une prestation, projeter le montant actuel sans revalorisation. Si le texte final donne mieux, la marge apparaît en janvier. L'inverse ne pardonne pas.
- 3Dater l'inconnue plutôt que la lisserUne revalorisation ne se dilue pas sur douze mois, elle tombe à une date. Poser un point d'interrogation au 1er janvier et un autre à la promulgation vaut mieux qu'une moyenne annuelle qui ne correspond à aucun mois réel.
- 4Ne pas engager la marge attendueUn abonnement souscrit en novembre sur la foi d'une hausse annoncée devient une charge ferme face à une recette hypothétique. Les deux ne se compensent pas : l'une est signée, l'autre est en discussion.
Le simulateur de budget prévisionnel permet de tester deux versions du même semestre, l'une avec la revalorisation attendue, l'autre sans. L'écart entre les deux courbes donne la mesure exacte de ce qui se joue vraiment à l'Assemblée pour vous, et il est souvent plus petit que le bruit qui l'entoure.
3 400,00 €
Point bas : 250,00 € en janv. 27.
- nov. 261 550,00 €
- avr. 271 300,00 €
- oct. 273 400,00 €
Simulez une décision
Dans Fintur, cette séparation se fait sans effort. Les échéances récurrentes déjà connues se posent d'elles-mêmes dans le Calendrier, une ligne à montant incertain se saisit à sa date au montant bas, et l'onglet Horizon montre lequel des mois de janvier à juin passe sous zéro selon l'hypothèse retenue.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si le budget 2027 n'est pas voté avant le 1er janvier ?
Le scénario est déjà rodé : une loi spéciale autorise le gouvernement à continuer de percevoir les impôts existants, et les règles de l'année précédente restent en vigueur jusqu'à la promulgation du budget. C'est ce qui s'est passé fin 2024 et fin 2025, avec des lois de finances promulguées les 14 février 2025 et 20 février 2026.
Mon taux de prélèvement à la source peut-il changer en janvier ?
Pas du fait du budget. Le taux transmis au 1er septembre 2026, calculé sur vos revenus de 2025, s'applique jusqu'en août 2027. Il ne bouge en cours de route que si vous demandez vous-même une modulation, ou si un changement de situation est déclaré, par exemple une naissance, un mariage ou une baisse de revenus.
Le taux de prélèvement détermine-t-il le montant de mon impôt ?
Non, il fixe seulement le niveau de l'avance versée mois après mois. L'impôt définitif se calcule sur les revenus de l'année, avec le barème en vigueur, et se solde à l'été suivant par un remboursement ou un complément à payer. Un budget promulgué en février joue sur cette régularisation, pas sur les prélèvements déjà passés.
Les pensions de retraite vont-elles augmenter au 1er janvier 2027 ?
La Commission des comptes de la Sécurité sociale a retenu une estimation de 1,6 % dans son rapport du 29 mai 2026, à partir de l'inflation mesurée de novembre 2025 à octobre 2026. La décision appartient au gouvernement et sera arrêtée en fin d'année, une sous indexation faisant partie des pistes discutées pour le prochain budget de la Sécurité sociale.
Pourquoi parle-t-on d'un budget réversible ?
Parce que la présidentielle de 2027 intervient quelques mois après son entrée en vigueur. Le Premier ministre a présenté un texte « de premier semestre », dont une partie des mesures pourrait être défaite par la nouvelle majorité. Pour une prévision personnelle, ça veut dire qu'une mesure votée en novembre n'est pas forcément acquise pour le second semestre.
Faut-il attendre le vote pour faire son budget de janvier ?
Non, et ce serait même l'attendre pour rien. Sur un mois ordinaire, les montants qui dépendent d'une loi de finances pèsent une fraction du total, tandis que le salaire net, le taux de prélèvement, le loyer et les mensualités sont connus dès aujourd'hui. La prévision se construit sur cette base, avec l'hypothèse basse là où le texte n'a pas tranché.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil fiscal. Il décrit le calendrier annoncé et les mesures en discussion au 7 septembre 2026 : le contenu final de la loi de finances pour 2027 n'est pas connu à cette date, et les chiffres cités comme estimations peuvent être revus jusqu'à la promulgation.
Pour aller plus loin
Sources
Rédigé par Baptiste Kabel · Fondateur de Fintur



plus clair. Les essentiels restent, le reste, c'est vous qui décidez.