Rupture conventionnelle et chômage : ce que pèsent, en euros, les trois mois retirés.
Depuis le 1er septembre, la file des mois d'allocation raccourcit par la fin. Le début ne bouge pas, la marge de sortie si. Voici ce que ces mois représentent sur un compte, et à quelle date se pose la vraie question.
ParBaptiste Kabel· Fondateur de Fintur

En bref : depuis le 1er septembre 2026, un salarié dont le contrat est rompu par rupture conventionnelle individuelle est indemnisé au maximum 15 mois avant 55 ans, contre 18 auparavant, et 20,5 mois à partir de 55 ans, contre 22,5 ou 27 selon l'âge. Les sources officielles ne parlent que de durée : le montant et le début de l'indemnisation ne sont pas concernés, ce sont les derniers mois de la file qui disparaissent. Avec une allocation de 46,74 € par jour, exemple posé plus bas, trois mois représentent 4 206,60 € et six mois et demi 9 114,30 €. Des sommes qui n'existent que pour quelqu'un encore sans emploi au seizième mois.
Ce que le texte change, et ce qu'il laisse en place
Les nouvelles durées s'appliquent aux contrats rompus à compter du 1er septembre 2026. La date qui compte est celle de la fin du contrat fixée par la convention de rupture, pas celle de la signature : une convention signée en juillet avec une sortie au 5 octobre relève déjà du nouveau régime, la même avec une sortie au 31 août garde l'ancien. Seule la rupture conventionnelle individuelle est concernée, la rupture conventionnelle collective reste hors du champ.
| Âge | Avant | Depuis le 1er septembre 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois | 3 mois |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois | 20,5 mois | 2 mois |
| 57 ans et plus | 27 mois | 20,5 mois | 6,5 mois |
Outre mer, hors Mayotte, la durée passe de 24 à 20 mois avant 55 ans, reste à 30 mois pour les 55 et 56 ans et descend de 36 à 30 mois à partir de 57 ans. Mayotte n'est pas concernée. Les allocataires de 55 ans et plus peuvent par ailleurs demander à France Travail une prolongation, accordée après examen de leurs démarches de recherche d'emploi ou de leur projet professionnel : elle n'a rien d'automatique.
Pour le reste, les pages officielles consultées ne mentionnent qu'un seul changement, la durée maximale. Rien n'y touche au calcul de l'allocation, ni aux délais qui précèdent le premier versement, que détaille l'article sur les trois mois sans revenu après un départ.
Les trois mois retirés sont ceux de la fin de file
Une durée maximale se lit comme une file de mois payés. La raccourcir par la fin ne décale rien au début : le premier versement arrive à la même date, pour le même montant. Ce qui disparaît, ce sont les mois 16 à 18, et ils ne se versent qu'à quelqu'un qui n'a toujours pas retrouvé d'emploi après quinze mois.
Ça donne deux situations très différentes sous un même titre de presse. Quelqu'un qui reprend un poste au dixième mois ne voit aucune différence sur son compte. Quelqu'un qui cherche encore au quinzième voit l'allocation s'arrêter trois mois plus tôt qu'avant. Combien de salariés se retrouvent dans le second cas, cet article ne le chiffre pas : aucune source primaire n'est citée ici pour le faire, et mieux vaut le dire que l'estimer.
Raccourcir la file par la fin ne coûte rien à celui qui la quitte tôt, et tout à celui qui l'épuise.
Ce que représente un mois d'allocation, avec les paramètres de 2026
L'allocation journalière part du salaire journalier de référence, le SJR, que France Travail communique à l'ouverture des droits. Elle vaut 40,4 % du SJR plus une partie fixe de 13,18 €, sauf si ce total reste inférieur à 57 % du SJR : c'est alors ce pourcentage qui s'applique. Le plancher est de 32,13 € par jour. Le conseil d'administration de l'Unédic n'ayant réuni aucune majorité pour les revaloriser au 1er juillet 2026, ces montants sont ceux d'aujourd'hui.
Un calcul fait ici, qui ne vient d'aucune source, situe la bascule : les 57 % l'emportent dès que le SJR dépasse 79,40 € (13,18 divisé par 0,166). Au-dessus, l'allocation vaut donc simplement 57 % du SJR, ce qui rend la multiplication facile à refaire chez soi.
Prenons un SJR de 82,00 €, valeur d'illustration et non moyenne. 40,4 % donnent 33,13 €, plus 13,18 € font 46,31 €. 57 % donnent 46,74 €, c'est donc ce montant qui s'applique. Sur un mois de 30 jours, il représente 1 402,20 €.
| Âge | Mois retirés | Jours | Allocation brute non versée |
|---|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 3 mois | 90 jours | 4 206,60 € |
| 55 et 56 ans | 2 mois | 60 jours | 2 804,40 € |
| 57 ans et plus | 6,5 mois | 195 jours | 9 114,30 € |
Ces chiffres sont des plafonds de manque à gagner : ils n'existent que si les droits vont jusqu'au bout. Avec son propre SJR, chacun refait le calcul en deux lignes, et le résultat se compare ensuite à ce que son compte tient sans revenu, méthode de l'article sur les mois que couvrent vos charges sans salaire.
La bonne question porte sur une date, pas sur une somme
Regarder 4 206,60 € en bloc pousse à se demander si on va les perdre. Se demander à quelle date le compte cesse de tenir sans allocation est plus utile, et ça se calcule. Le premier jour indemnisé plus quinze mois donne la fin des droits. Passé ce jour, le loyer, les assurances et les abonnements continuent de tomber à leur date, et plus rien ne les accompagne.
- 1Retrouver le premier jour indemniséIl vient après le différé congés payés, le différé lié à l'indemnité de rupture et les sept jours d'attente. La fin de droits se compte depuis ce jour, pas depuis la signature.
- 2Poser la fin de droits sur un calendrierQuinze mois plus tard avant 55 ans, vingt mois et demi à partir de 55 ans. C'est un point bas connu un an à l'avance, ce qui est rare en finance personnelle.
- 3Lire le solde prévu ce jour-làPas celui d'aujourd'hui : celui de la date de fin de droits, avec les prélèvements qui tomberont et sans allocation. Positif, le raccourcissement se digère. Négatif, mieux vaut l'apprendre douze mois avant que le jour même.
Le simulateur de budget prévisionnel permet de poser ces mois : l'allocation datée mois après mois, puis plus rien.
5 500,00 €
Point bas : 250,00 € en janv. 27.
- nov. 261 550,00 €
- juil. 272 350,00 €
- avr. 285 500,00 €
Simulez une décision
Dans Fintur, la fin de droits se place dans le Calendrier, et l'onglet Horizon prolonge le solde jusqu'à elle, puis au-delà, sans allocation.
Une date de rupture se fixe avant, et pèse longtemps après
Pour une convention signée après le 1er septembre, la question du régime ne se pose plus, puisque la sortie tombe forcément après cette date. Reste la date de sortie elle-même, qui décide du jour où démarre la file et donc du jour où elle s'arrête. Cette façon de regarder un choix par ses dates plutôt que par ses montants est celle de toutes les grandes décisions de vie : mesurer l'effet sur la trajectoire avant de signer.
Pour qui pense à monter sa propre activité, passer indépendant ouvre un autre calendrier, où l'allocation peut se convertir en partie en capital. Et pour qui vise une formation, reprendre ses études à 30 ans montre comment chaque mois de formation consomme un mois de droits.
Questions fréquentes
Quelle est la durée maximale du chômage après une rupture conventionnelle depuis septembre 2026 ?
15 mois avant 55 ans et 20,5 mois à partir de 55 ans en métropole, pour les contrats rompus à compter du 1er septembre 2026. Avant cette date, la durée maximale était de 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois pour les 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans.
La date de signature de la convention compte-t-elle ?
Non. Les nouvelles durées visent la fin du contrat fixée par la convention de rupture. Une convention signée en juillet avec une sortie au 5 octobre relève du nouveau régime, la même avec une sortie au 31 août garde l'ancien.
Le montant de l'allocation baisse-t-il ?
Les sources officielles citées ne font état que d'un changement de durée maximale. Le calcul reste 40,4 % du salaire journalier de référence plus 13,18 €, ou 57 % si ce total est plus faible, avec un plancher de 32,13 € par jour. Ces montants n'ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026.
Un salarié de plus de 55 ans peut-il obtenir plus de 20,5 mois ?
Il peut demander à France Travail une prolongation, accordée après examen de ses démarches de recherche d'emploi ou de son projet professionnel. Elle n'est pas automatique.
La rupture conventionnelle collective, la démission ou le licenciement sont-ils concernés ?
Le changement décrit par l'Unédic et le code du travail numérique vise la rupture conventionnelle individuelle. La rupture conventionnelle collective en est exclue. Pour un autre motif de fin de contrat, la durée dépend de la période travaillée et de l'âge : à vérifier auprès de France Travail.
Combien d'allocation perd-on avec ces mois en moins ?
Au maximum trois mois avant 55 ans, soit 90 jours, à condition de rester sans emploi jusqu'à la fin des droits. Avec 46,74 € par jour, exemple de cet article, cela représente 4 206,60 € bruts. Chacun refait le calcul avec son propre salaire journalier de référence.
Cet article est informatif et ne vaut ni conseil juridique ni simulation personnalisée. Les durées et montants viennent de l'Unédic, du code du travail numérique et de service-public.gouv.fr, consultés le 21 septembre 2026. Le salaire journalier de référence de 82,00 € est un exemple, pas une moyenne. Votre situation se vérifie auprès de France Travail avant toute décision.
Pour aller plus loin
Sources
Rédigé par Baptiste Kabel · Fondateur de Fintur



plus clair. Les essentiels restent, le reste, c'est vous qui décidez.